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#Événement

IA - RH, je t'aime moi non plus : ce qu'une soirée à Toulouse nous a confirmé

2/06/2026
Paris
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Il y a un an, ACT-ON GROUP publiait son livre blanc « IA vs RH : je t'aime, moi non plus », qui posait un constat simple : la fonction RH est fascinée par l'intelligence artificielle et s'en méfie tout autant. Le 18 mai 2026, lors d'une soirée organisée à Toulouse avec Nextra, nous avons retrouvé cette même ambivalence chez les DRH, DSI et Directeurs de l'innovation venus échanger sur le sujet. Preuve que ce paradoxe n'a rien de théorique.

Étaient réunis ce soir-là des représentants de la Région Occitanie, de l'École d'ingénieurs de Purpan, d'Arterris, de Safran, d'Orange, de GA Smart Building, de Sterela, de l'Aéroport Toulouse Blagnac et de Freyssinet Aero, un panel large, qui dépasse largement le seul secteur de la tech.

UNE HISTOIRE D'AMOUR QUI NE SE CONCRETISE PAS ENCORE

Sur le papier, l'idylle entre l'IA et la RH semble totale. L'adoption est massive, les promesses sont alléchantes : automatiser le tri des CV, fluidifier l'onboarding, détecter les anomalies de paie, libérer du temps administratif. Sur le terrain toulousain, personne n'a contesté l'intérêt de ces cas d'usage. Le consensus était même remarquablement homogène entre les différentes organisations.

Mais l'amour ne suffit pas à garantir un mariage réussi. Seules 7 % des organisations ont aujourd'hui réellement industrialisé l'IA à l'échelle, et 80 % des projets IA échouent avant même d'atteindre la phase de production. Cet écart entre l'enthousiasme affiché et la réalité des déploiements, c'est précisément ce que notre livre blanc anticipait : la RH veut l'IA, mais ne sait pas toujours dans quelles conditions l'accueillir durablement.

Ce qui ressort des échanges de cette soirée, c'est que cet échec n'est presque jamais un échec technologique. Les outils existent, fonctionnent et sont de plus en plus accessibles. Ce qui coince, ce sont les conditions d'accueil : la donnée, la gouvernance et la capacité de l'organisation à savoir ce qu'elle veut vraiment déléguer à la machine.

CE QUE LA FONCTION RH ACCEPTE DE DELEGUER ET CE QU'ELLE PROTEGE

Un des enseignements les plus nets de la soirée concerne la frontière, désormais bien identifiée par les participants, entre ce que l'IA peut absorber et ce qui doit rester humain. Le tri de CV, le matching poste/candidat, les chatbots RH du quotidien (congés, mutuelle, RTT), les assistants à l'onboarding administratif : sur ces sujets, plus personne ne discute la légitimité de l'IA.

En revanche, dès qu'il s'agit de l'entretien de recrutement, de l'intégration relationnelle d'un nouveau collaborateur, ou des situations disciplinaires et de rupture, le ton change radicalement. Sur ces moments, la position exprimée autour de la table était unanime : l'IA peut préparer, documenter, structurer et elle ne doit jamais se substituer à la relation et au contact humain.

Cette frontière n'est pas un frein à l'innovation. C'est, à l'inverse, ce qui permet à une organisation de déployer l'IA sans perdre ce qui fait la valeur de sa fonction RH : la proximité avec les collaborateurs.

LA MEFIANCE N'EST PAS UN RETARD, C'EST UNE CONDITION DE REUSSITE

C'est sans doute le point le plus contre-intuitif ressorti des échanges : la prudence affichée par la plupart des organisations sur l'usage de l'IA pour traiter directement leurs données RH n'est pas un signe de retard technologique. C'est une maturité.

Un projet IA est avant tout un projet data, et une donnée RH erronée en entrée produit des décisions non fiables sur des sujets qui touchent directement aux personnes. Sans qualité, traçabilité et vérification par les experts métiers, l'IA en RH ne fait qu'amplifier les biais existants plutôt que de les corriger ou a minima de les améliorer.

À cela s'ajoute un cadre réglementaire désormais incontournable : l'AI Act classe plusieurs outils RH courants (tri de CV, évaluation de candidats, suivi de performance) dans la catégorie à risque élevé, avec des audits attendus dès septembre 2026. Les organisations qui avancent sereinement sont, sans exception, celles qui se sont d'abord dotées d'un cadre de gouvernance : fiche RGPD, clauses contractuelles avec les éditeurs, charte IA, pilotage conjoint DRH/DSI.

Reste une question que la soirée n'a pas résolue, et qui mérite d'être posée sans détour : que devient une donnée RH enrichie par un outil IA si l'organisation change de prestataire demain ? La souveraineté (hébergement, localisation, garanties des éditeurs non européens) demeure un point aveugle pour la plupart des participants, malgré l'intérêt affiché pour les pistes open source.

LA VRAIE COMPETENCE RH DE DEMAIN

Ce que cette soirée confirme, c'est que la fonction RH ne se résume plus à choisir ses outils IA. Elle doit aussi apprendre à dire non, ou pas encore, sans que cela passe pour de la résistance au changement. Le métier d'assistant RH évolue déjà vers un profil hybride, à la fois technophile et garant du sens.

Un sujet a émergé en creux des discussions, presque comme un avertissement : les jeunes générations qui arrivent sur le marché du travail font parfois une confiance excessive aux résultats produits par les outils IA, sans en interroger les limites. Former au sens critique face à la machine devient, de fait, une nouvelle responsabilité RH.

C'est tout l'objet de notre livre blanc : montrer que la relation entre l'IA et la RH n'a pas besoin d'être résolue pour être féconde. Elle a besoin d'être pilotée, en connaissance de cause. Savoir utiliser l'IA est une compétence. Savoir quand ne pas l'utiliser en est une autre et c'est sans doute celle qui comptera le plus demain.

Cette soirée s'est tenue à Toulouse le 18 mai 2026, co-organisée par ACT-ON GROUP et Nextra.

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